Commémoration du 8 mai 1945 : discours de Monsieur le Maire


Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,
Mesdames et Messieurs les représentants des mouvements patriotiques,
Mesdames et Messieurs, Mes chers amis, 
 
Nous célébrons aujourd'hui la victoire du 8 mai 1945 des forces alliées sur l’Allemagne Nazie et sur l'Italie fasciste.
Cette victoire, mes chers amis, ce n'est pas seulement une victoire dans une guerre parmi d'autres.
 
Cette victoire a une particularité qui fait sa grandeur.
C'est celle de l'humanité et de la civilisation contre "une monstrueuse tyrannie, sans égale dans les sombres et désolantes annales du crime" comme l'avait prédit Winston Churchill.
Ayons donc une pensée forte pour tous ceux qui ont combattu, ont souffert et ne sont jamais revenus.
Qui sont, et qui demeurent à tout jamais, l'honneur de la Corse et de la France.
L'honneur du monde civilisé contre le fanatisme totalitaire.
 
Les Français ont hier soir choisi un nouveau Président de la République.
Au delà de nos choix politiques personnels tous respectables, il a la responsabilité et le devoir d'incarner et de rassembler notre pays.
Puissions-nous espérer qu’il mène les combats indispensables au salut de la Nation et qu'il écoute les Nations et les peuples qui ne veulent pas mourir.
Car je sais que les drapeaux que vous avez porté haut ne veulent pas être ensevelis dans la poussière et dans l'oubli.
Ces drapeaux veulent continuer à flotter, portés par le dernier souffle de Fred Scamaroni et de Danielle Casanova, de Giusti et de Mondoloni, de Ribellu, de Jean Moulin et de Pierre Brossolette ou encore des résistants Allemands Hans et Sophie Scholl.
Le souffle de tous ceux, que je ne peux hélas citer, mais qui, par leurs attitudes exemplaires et héroïques, ont montré la voie à suivre n'écoutant que leur cœur et leur courage.
 
 
 
 
Ils répondaient oui pour la Liberté comme en écho à la voix du général de Gaulle, qui, le 18 juin, depuis Londres disait :
Non à la fatalité, non à la défaite et non à la collaboration.
Il était alors la voix de l'idéal de grandeur.
La voix de l'indépendance nationale qui savait également dire non à ses alliés.
La voix de la réconciliation avec l'Allemagne et de la construction européenne qui croyait à l'Europe des Nations.
La voix du rassemblement le plus large qui unissait au delà des différences que l'on pensait irréconciliables pour le bien commun et pour un projet commun.
 
Renoncer à parler à tous, par idéal où par aveuglement c'est prendre le risque de la division et c'est l'impossibilité de faire Nation.
Je m'y refuse.
A ne plus entendre ces voix, à ne pas comprendre ces aspirations profondes, nous prenons le risque d'une fracture importante au sein de notre société.
C'est cette fracture que j'essaye de combattre humblement au quotidien en ma qualité d'élu municipal et départemental.
Et c'est donc ce message de rassemblement qu'il faudra et que je continuerai inlassablement à porter.
 
Mais pour nous aider à nous rassembler, encore faut il avoir conscience d'être les enfants d'une même Histoire et porter ensemble un projet commun.
Je propose donc que l'Histoire de la Corse et celle des autres régions françaises viennent compléter celle de la grande histoire de France que les programmes scolaires ont complètement délaissé.
 
Le 8 Mai 1945, les hommes et femmes libérés de l'emprise totalitaire ont rêvé à un monde nouveau.
Nous avons donc aujourd'hui le devoir de poursuivre cette espérance pour nos enfants et nos petits enfants...
Merci.